Quatre ans de prison requis contre l'ex-sénateur Guerriau pour soumission chimique

upday.com 3 godzin temu
L'ancien sénateur Joël Guerriau arrive au tribunal de Paris pour son procès. (Image symbolique) (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP via Getty Images) Getty Images

Le procureur de Paris a requis ce mardi quatre ans de prison, dont trois ans ferme, contre l'ancien sénateur Joël Guerriau. L'élu de 68 ans est jugé pour avoir administré de la MDMA à la députée Sandrine Josso en novembre 2023, avec l'intention de la violer. Le ministère public demande également cinq ans d'inéligibilité et l'inscription au fichier des délinquants sexuels.

Le représentant du parquet a également sollicité un mandat de dépôt à effet différé pour les trois années de prison ferme. L'infraction visée, créée par la loi du 3 août 2018, prévoit une peine maximale de cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende pour l'administration d'une substance nuisible en vue de commettre un viol ou une agression sexuelle.

Les faits du 14 novembre 2023

Sandrine Josso s'était rendue au domicile parisien de Joël Guerriau, alors sénateur de Loire-Atlantique. Elle a quitté les lieux deux heures après son arrivée et a été prise en charge par des collègues de l'Assemblée nationale, puis transportée à l'hôpital. Les analyses toxicologiques ont révélé une forte intoxication à l'ecstasy. La MDMA administrée était pure à 91,1%.

La députée a dû observer six mois d'arręt de travail. Son avocat, Me Arnaud Godefroy, a évoqué lors des plaidoiries lundi : «Six mois d'arręt de travail, des traitements physiques, un suivi psychologique et psychiatrique, des cauchemars, des réminiscences, une dissociation.» Il réclame 10 000 euros de dommages et intéręts pour préjudice moral.

Les arguments du procureur

Le procureur Benjamin Coulon a souligné le caractère «préparé, prémédité» et la «gravité extręme» des faits. Il a rappelé que Joël Guerriau était «un sénateur de la République» ayant «un devoir d'exemplarité». Le magistrat a noté le paradoxe suivant : l'ancien élu «a lui-męme voté la loi du 3 août 2018 qui a créé le délit d'administration de substance nuisible en vue de commettre un viol ou une agression sexuelle».

Le procureur a reconnu l'ambivalence du dossier. Il a déclaré : «M. Guerriau n'est pas passé à l'acte, c'est vrai, aucun geste n'a été esquissé en direction de Mme Josso mais il lui a administré de la drogue dans le but de la violer.» Puis il a questionné : «pour lui voler son portefeuille ?» Le ministère public a également évoqué le fait que Guerriau a «donné une partie de sa vie au fonctionnement de la démocratie française».

La défense conteste l'intention

L'avocat de Joël Guerriau, Me Henri Carpentier, a plaidé mardi pour un jugement fondé sur «les faits, le droit» et non sur «la soumission chimique». Il a dénoncé «l'écart abyssal entre la certitude absolue affichée par le ministère public (...) et l'absence de tout acte certain».

La défense a également critiqué le climat émotionnel entourant l'affaire. Me Carpentier a souligné : «l'émotion a été unanime, le dégoût légitime. À partir de là, toute autre parole devenait absolument inaudible. L'émotion est mauvaise conseillère, elle efface toute nuance.» Joël Guerriau, qui possède un casier judiciaire vierge, invoque une «rocambolesque inadvertance» pour expliquer la présence de MDMA dans le champagne.

Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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