Les cotisations des complémentaires santé explosent et étranglent financièrement des millions de Français modestes. Malgré un vote parlementaire pour geler les tarifs en 2026, les assureurs ont décidé d'appliquer de nouvelles hausses supérieures à 4%. Cette flambée des prix force de nombreux ménages à renoncer à des soins essentiels ou à faire d'autres sacrifices drastiques.
Murielle Prenant, 62 ans, jeune retraitée de Nogent-sur-Oise dans l'Oise, ne décolère pas. «Ce n'est plus possible !» s'exclame-t-elle. Son employeur prenait en charge 50% de sa mutuelle quand elle était salariée. Aujourd'hui, elle paie seule 129 euros par mois, alors qu'elle touche l'équivalent du Smic. «Les cotisations des mutuelles augmentent chaque année, mais jusqu'ici mon employeur réglait 50% (comme pour tous les salariés, ndlr). Du jour au lendemain, j'ai dû payer seule: 129 euros mensuels, alors que je touche l'équivalent du Smic», raconte-t-elle.
Les conséquences se font immédiatement sentir sur son quotidien. «Tout augmente... Finalement, je ne sors plus», confie Murielle Prenant. Ses vacances ont été réduites de quinze jours à dix. Pour diminuer ses dépenses, elle envisage de supprimer certaines options de sa couverture santé, męme si elle en a «absolument besoin».
Des familles au bord de l'asphyxie
Gonul Ozdemir, 49 ans, mère au foyer, fait face au męme casse-tęte financier. Pour elle, son mari et leurs deux fils, la facture est passée de 266 euros mensuels l'an dernier à 270 euros aujourd'hui. «Pour moi, mon mari, mes deux fils, c'était 266 euros mensuels l'an dernier, aujourd'hui 270. Ce n'est plus possible!» témoigne-t-elle.
La famille aurait pu bénéficier de la complémentaire santé solidaire (C2S), une aide gratuite de l'État. Mais le destin en a décidé autrement. «Mais on dépassait le plafond de ressources d'un euro !» raconte-t-elle, amère. Le plafond s'établit à 1.810 euros pour quatre personnes. Cette situation l'oblige à consentir à «d'autres sacrifices».
Elham, 31 ans, voit ses parents âgés payer le prix fort. «Aucune mutuelle ne voulait» les couvrir, explique-t-elle. La raison invoquée : «ils sont trop vieux». La mutuelle de l'ancien employeur de son père, qui travaillait dans le BTP, les a finalement acceptés, mais «rembourse très mal». Sa mère a renoncé à des soins dentaires qui «lui auraient coûté 4.000 euros».
Une explosion des tarifs malgré les blocages politiques
Les chiffres du service statistique des ministères sociaux (Drees) sont sans appel. Le montant global des cotisations perçues par les complémentaires santé a bondi de 20% entre 2020 et 2024. En 2025 seul, les tarifs ont grimpé de 6%, selon les acteurs du secteur.
Le Parlement a pourtant voté l'instauration d'une nouvelle taxe sur les revenus des assureurs et interdit toute hausse tarifaire en 2026. Mais les complémentaires dénoncent cette mesure comme «inapplicable» et «inconstitutionnelle», portant atteinte «à la liberté d'entreprendre». Elles ont décidé de passer outre.
L'association de consommateurs UFC Que-Choisir appelle les Français à contester ces augmentations qui «étouffent des millions de Français» et «accentuent les inégalités». L'organisation souligne que les populations vulnérables sont touchées de manière disproportionnée.
Des millions de Français sans protection
Environ 4% des Français, soit 2,5 millions de personnes, n'ont pas de complémentaire santé. Un chiffre en baisse depuis 1996, où 13% de la population n'en disposait pas. Mais chez les 10% les plus pauvres, cette proportion grimpe à 12%.
Saoucen Bahri, 51 ans, assistante maternelle en Seine-Saint-Denis, «se passe de mutuelle depuis 20 ans». Elle assume ce choix radical : «J'ai pas de problème de santé, je préfère payer mes lunettes 1.000 euros tous les trois ans, c'est plus économique».
Mais ce pari peut s'avérer catastrophique. Denis Raynaud, directeur de l'Institut de recherche en économie de la santé (Irdes), a alerté en novembre sur un «risque de reste à charge» «très important» pour les personnes sans couverture. Pendant la pandémie de Covid, «trois semaines en réanimation» pouvaient représenter «un reste à charge de 10.000 euros».
Des inégalités croissantes dans l'accès aux soins
Bruno Palier, directeur de recherche au CNRS, a pointé en juin devant une commission d'enquęte parlementaire les inégalités sociales concernant «l'accès aux mutuelles et à leur qualité». Si «la France couvre bien» «les affections longue durée et les maladies graves», la situation est différente pour les «soins courants», qui peuvent «conduire à des renoncements aux soins».
Les complémentaires santé justifient leurs hausses de tarifs par une forte augmentation des dépenses de santé, un transfert de responsabilités de remboursement depuis l'Assurance maladie, et de nouvelles dépenses, notamment dans les soins dentaires, optiques et les audioprothèses.
La C2S, disponible gratuitement ou en version payante avec des plafonds de ressources plus élevés, reste une bouée de sauvetage pour les plus démunis. Mais pour des milliers de familles comme celle de Gonul Ozdemir, un euro de trop les exclut de cette aide vitale.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).




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